LibreOffice : un choix assumé… et des attentes légitimes

Depuis 2011, date de sortie de LibreOffice, j’ai dû former des milliers d’élèves à son utilisation. J’ai même mené une promotion active (contre vents et marées) pour cette suite logicielle auprès de mes collègues afin qu’ils abandonnent la suite Microsoft Office.

Depuis 2011, LibreOffice a bien évolué. C’est aujourd’hui une suite logicielle très puissante, qui répond aux attentes que l’on peut avoir d’une suite bureautique. Elle a même ajouté la possibilité de modifier son interface pour s’adapter au système d’onglets d’Office.

LibreOffice pourrait être la suite logicielle idéale que tous les États européens pourraient imposer à leurs administrations, à l’image de certains Länder allemands. En contribuant à son développement, ils réaliseraient des millions d’euros d’économies qui n’iraient pas dans les poches des GAFAM.

Je ne sais pas si ce sera le cas, mais ce serait souhaitable. Tout comme la fondation LibreOffice qui devrait revoir son processus de développement, que je trouve souvent incompréhensible.

En effet, il n’y a pas un changement de version de LibreOffice sans modification de l’apparence des boîtes de dialogue, des menus ou de l’accès à certaines fonctionnalités. Ces changements n’apportent pas grand-chose en termes de fonctionnalités, mais m’obligent, en revanche, à refaire mes tutoriels.

Plus problématique encore : des bugs gênants, voire très gênants, persistent de version en version, et des améliorations évidentes ne semblent toujours pas à l’ordre du jour.

Sur Writer, si vous placez une flèche sur une image pour situer un point, il arrive fréquemment qu’elle se retrouve sous l’image lorsque vous rouvrez le document. Sur le tableur Calc, lorsque vous créez des graphiques dynamiques sur plusieurs feuilles d’un même fichier, il arrive très souvent qu’ils disparaissent ou changent de feuille (ce qui est particulièrement gênant si vous souhaitez évaluer le travail d’élèves). Sur Impress, lorsque vous personnalisez les arrière-plans des diapositives maîtresses, il arrive également qu’ils disparaissent à la réouverture du diaporama.

Parmi les améliorations attendues qui tardent à venir, l’apparence par défaut des graphiques reste vieillotte par rapport à Office ou OnlyOffice. L’ajout des pourcentages autour des secteurs d’un diagramme en camembert manque d’intuitivité et demeure un obstacle pour de nombreux élèves.

Je n’ose le dire trop fort, mais je me demande même parfois si OnlyOffice n’est pas une meilleure alternative à Office que LibreOffice.

Même si je continuerai à former mes élèves à LibreOffice, je pense qu’il est grand temps que ses développeurs se ressaisissent avant qu’il ne soit trop tard.

Philippe DELBOUYS